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Une minière canadienne dans la mire de militants grecs

695902-manifestants-proteste-14-avril-contrePHOTO SAKIS MITROLIDIS, AFP

Des manifestants ont protesté, le 14 avril, contre l’arrestation violente de deux suspects qui auraient incendié des installations sur un site de la minière Eldorado Gold, en février dernier.

Les projets de développement d’Eldorado Gold dans le nord-est de la Grèce se heurtent à une vive résistance de la part de militants locaux qui accusent la société minière canadienne de vouloir tirer profit des misères économiques de leur pays pour s’imposer.

L’entreprise de Vancouver rétorque qu’elle est victime d’une campagne «diffamatoire» menée par un noyau d’individus «radicaux», sans véritable soutien populaire, qui n’hésitent pas à cautionner le recours à la violence pour parvenir à leurs fins.

La physicienne Maria Kadoglou, qui mène la charge contre la firme, affirme que le développement projeté de la mine d’or de Skouriès, dans la presqu’île de la Chalcidique, sera très dommageable pour l’environnement et compromettra, à terme, l’économie locale.

«Il existe une industrie touristique en plein développement qui est freinée par l’activité minière existante et qui sera détruite si on accepte que des mines à ciel ouvert voient le jour», souligne la femme de 45 ans, qui est de passage cette semaine au Canada pour sensibiliser élus et citoyens à la situation.

La force pour contenir les contestations

Le gouvernement grec est entièrement acquis aux projets d’Eldorado Gold et n’hésite pas à user de la force pour mater les velléités contestataires dans la région au profit de l’entreprise, note-t-elle.

Les policiers ont notamment réprimé violemment à l’automne une manifestation réunissant plusieurs milliers de personnes. Des militants ont été «battus» ou ciblés avec «des balles de caoutchouc», dénonce Mme Kadoglou.

En février, des installations d’Eldorado Gold dans le chantier de Skouriès ont été incendiées, précipitant une enquête policière qui a entraîné de nouveaux affrontements.

Amnistie internationale s’est inquiétée des pratiques policières dans une déclaration rendue publique en mars.

«La première chose en voie d’être détruite, c’est la démocratie grecque et le respect des droits de l’homme», accuse Mme Kadoglou, qui dénonce, pour des raisons similaires, un autre projet minier d’Eldorado Gold dans la région de Thrace.

La réalité «déformée»

Le président et chef de direction de l’entreprise, Paul Wright, affirme que les opposants déforment la réalité de manière éhontée. La majeure partie de la population locale salue les investissements projetés dans la Chalcidique, mais une minorité «radicale» s’y oppose et ne recule devant aucun stratagème pour avoir gain de cause, dit-il.

Le projet de Skouriès a reçu son approbation environnementale à l’issue d’un long processus d’évaluation qui s’est étalé sur une période de cinq ans. Son impact sera minime, parce que la majeure partie de l’exploitation se déroulera sous terre et que les traces en surface seront rapidement effacées, note M. Wright.

«Nous répondons parfaitement aux exigences environnementales de la Grèce et de l’Union européenne», souligne-t-il.

L’entreprise, qui estime les réserves d’or de Skouriès à 3,6 millions d’onces, prévoit créer près de 5000 emplois directs et indirects avec son projet.

Comme aucune redevance n’est prévue par la loi, Eldorado Gold dit insister pour que le gouvernement grec mette en place de tels prélèvements, dit M. Wright. Il s’attend à ce que la réglementation soit modifiée en ce sens dans les mois qui viennent.

Mme Kadoglou affirme que l’entreprise cherche depuis le début à démoniser ses opposants pour détourner les critiques. «Ils ont tenté de nous dépeindre de toutes les manières possibles pour éviter de reconnaître ce que nous sommes, à savoir un important mouvement d’opposition populaire», dit-elle.

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DES INSTITUTIONS PUBLIQUES EN JEU

Les militants opposés au projet minier d’Eldorado Gold en Grèce déplorent que des institutions publiques comme la Caisse de dépôt et placement du Québec détiennent des actions de l’entreprise. «Leur argent n’est pas en sûreté. L’opposition en Grèce est si forte que le projet [de la société minière] va échouer», prévient Maria Kadoglou.

La Caisse détenait, à la fin de 2012, 190 millions de dollars en actions de la firme. Un porte-parole, Maxime Chagnon, explique que l’institution financière a une politique d’investissement responsable qui permet de tenir compte des aspects environnementaux et sociaux dans ses décisions de placement, en excluant d’emblée les titres «non conformes au droit local ou international».

De manière générale, la Caisse préfère utiliser son «poids actionnarial» pour faire évoluer les pratiques d’entreprise lorsque la chose paraît possible plutôt que de se retirer purement et simplement, dit M. Chagnon.

Paul Wright, président et chef de direction d’Eldorado Gold, note que les représentants de la Caisse connaissent bien son entreprise et savent qu’elle se conforme aux standards les plus élevés de l’industrie.

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