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Fuite de matières toxiques d’Hellas Gold au port de Thessalonique

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Nouvel accident toxique qui pose de nombreuses questions, notamment sur les agissements de la société Hellas Gold qui semble ne s’inquiéter d’aucun contrôle des autorités.

skouries-420x261Le port de Thessalonique est mué en port de tran­sit de matières toxiques dan­ge­reuses d’Hellas Gold. Aucun ser­vice de la région ne semble mener de contrôles concer­nant ces maté­riaux toxiques qui, pour être trans­por­tés, tra­versent la ville et sont déchar­gés et rechar­gés. Le samedi 5 octobre, le capi­taine du navire paris.gr de ΜSC qui trans­porte des conden­sés de métaux d’Hellas Gold, a refusé de char­ger les conte­neurs d’Hellas Gold parce qu’il a constaté que cer­tains pré­sen­taient des fuites de matières toxiques.

Alors que 28 des 128 conte­neurs conte­nant du mis­pi­ckel (sul­foar­sé­niure de fer) étaient char­gés à bord, une fuite de liquides toxiques a été consta­tée. Les conte­neurs ont été déchar­gés au port et, de là, le char­ge­ment a été trans­porté à l’aide de camions vers un site où la société pro­cède au sto­ckage pro­vi­soire de ces matériaux.

Rappelons que les conden­sés de mis­pi­ckel de la société HellasGold, comme l’a révélé il y a un mois l’acci­dent à Rentina, contiennent des matières toxiques dues à leur teneur éle­vée en arse­nic et sont extrê­me­ment dan­ge­reux pour la santé et l’environnement. Ces conden­sés sont éga­le­ment sto­ckés dans les lacs de boues à Stratoni et Olympiada.

Jusqu’à il y a un mois, ils étaient trans­por­tés à la zone indus­trielle de Thessalonique, à Sindos, aux entre­pôts de la société Balkan Logistics. Le navire de MSC les ache­mine vers le port du Pirée et, de là, de plus gros navires les trans­portent en Chine où ils servent de matière pre­mière à la pro­duc­tion de dioxyde de soufre et d’acide sulfurique.

Selon les ren­sei­gne­ments obte­nus suite à l’accident de Rentina et à la consta­ta­tion que les camions de la société « Magounakis » ne dis­po­saient pas de per­mis ADR pour le trans­port de matières toxiques et de char­ge­ments dan­ge­reux, le trans­port a été pris en charge par la société HAROUPAKIS et les conte­neurs sont pro­ba­ble­ment sto­ckés sur un site qui lui appar­tient, puisqu’il n’existe pas de site spé­cia­le­ment amé­nagé ni doté de per­mis à cet effet sur le port de Thessalonique.

Les employés de la société Haroupakis pré­tendent que les char­ge­ments d’Hellas Gold ne sont pas sto­ckés mais trans­por­tés direc­te­ment de la Chalcidique au port. Toutefois, nous étant entre­te­nus avec le Directeur de la Station des conte­neurs du port (S.EMPO), nous avons appris que les char­ge­ments ne peuvent pas être direc­te­ment trans­fé­rés de la Chalcidique au port, à cause de leur volume impor­tant et des vitesses accé­lé­rées aux­quelles se déroulent le char­ge­ment et le déchar­ge­ment des navires. Ce qui se passe, d’habitude, c’est que les conte­neurs sont sto­ckés en un site hors du port et, de là, ils sont char­gés à bord du navire.

Les ques­tions qui se posent sont nom­breuses. La sécu­rité des trans­ports de maté­riaux toxiques et dan­ge­reux, de Chalcidique à Thessalonique, fait-elle l’objet de contrôles ? Si les maté­riaux sont pro­vi­soi­re­ment sto­ckés en site spé­cial, celui-ci dispose-t-il des per­mis requis ?

En effet, le trans­port et le sto­ckage de mis­pi­ckel, qui est un maté­riau par­ti­cu­liè­re­ment toxique, relèvent de la direc­tive SEVESO II sur les déchets indus­triels dan­ge­reux et les risques qu’ils impliquent pour la popu­la­tion et l’environnement. Quel aurait été le risque pour le navire et l’équipage, si la fuite n’avait pas été détec­tée à temps par le capitaine ?

En outre, le minis­tère de l’environnement a octroyé un per­mis aux entre­pôts de la société Balkan Logistics alors que la Municipalité dont relève le site avait modi­fié son plan de ville et il y était inter­dit de créer de nou­velles ins­tal­la­tions « SEVESO ». Ce point fera l’objet de débats au comité métro­po­li­tain de la Région, aujourd’hui.

On se demande donc si le nombre d’ « acci­dents » pro­duits jusqu’ici n’est pas suf­fi­sant pour inci­ter les ser­vices com­pé­tents à contrô­ler la société. Faudrait-il que d’autres inci­dents se pro­duisent afin que les auto­ri­tés prennent conscience du fait que la société agit comme elle le veut, sur tous les plans ?

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